“J’attendrrrrrai”, comme le chantait si bien Dalida. Cette semaine, j’ai moi aussi attendu. La nomination d’un nouveau Premier ministre tarde, et avec elle, un semblant de visibilité sur l’avenir. Pourtant, l’immobilier n’attend pas. Commençons par une bonne nouvelle : la baisse des taux de la BCE.
Baisse des taux : la BCE persiste et signe
Ce jeudi, la BCE (Banque Centrale Européenne) a confirmé une nouvelle baisse de 0,25 point de ses taux directeurs. Le taux de dépôt s’établit désormais à 3 %, marquant ainsi la quatrième réduction depuis juin dernier. Un signal clair : relancer la demande, à commencer par les ménages et les entreprises.
Cette politique, certes prudente, amorce un assouplissement des conditions de financement. Mais l’ombre des hausses passées plane encore sur les crédits en cours. Rappelons que, entre juillet 2022 et septembre 2023, les taux avaient culminé à 4 %, un record depuis la naissance de l’euro.
Aujourd’hui, les économistes parlent de territoires « neutres » autour de 2,5 %. Le chemin est encore long, mais la BCE semble déterminée à stimuler l’emprunt tout en surveillant de près l’équilibre économique. Une lueur d’espoir pour les futurs acheteurs.
🔗 À lire : Le communiqué de presse de la BCE
Un marché immobilier en pause après la censure
Si la politique monétaire s’assouplit, le marché immobilier, lui, fait preuve d’attentisme. Depuis la censure du gouvernement, les agences immobilières notent une véritable baisse de régime. D’après un sondage réalisé par le réseau l’Adresse, 65,7 % des agences observent un recul immédiat de leur activité.
Appels moins nombreux, visites reportées, offres suspendues : les acheteurs temporisent, hésitants face à une situation économique et fiscale incertaine. Les vendeurs, de leur côté, se montrent tout aussi prudents. Ceux qui n’ont pas d’urgence préfèrent remettre leurs projets à plus tard.
Pourtant, il y a des raisons d’espérer. Les taux de crédit, aujourd’hui autour de 3,3 % sur 20 ans, continuent leur baisse. Les économies sont réelles : près de 36 000 euros gagnés sur un prêt de 300 000 euros par rapport à l’année précédente. Le marché semble vouloir offrir des opportunités.
Côté prix, la tendance reste à la baisse, bien qu’elle ralentisse. On parle désormais de moins de 800 000 transactions pour 2024, un niveau inédit depuis 2015. La confiance manque, mais les fondamentaux s’améliorent doucement.
🔗 À lire : L’analyse de BFM Business
“De la crise immobilière à la crise du logement” : l’analyse de Loïc Cantin
Dans ce contexte, Loïc Cantin, président de la FNAIM, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, la France risque de glisser d’une crise immobilière vers une crise du logement si des mesures concrètes ne sont pas prises rapidement.
Plusieurs points retiennent l’attention :
- Le Prêt à Taux Zéro (PTZ), dont l’élargissement est mis en pause, fragilise encore davantage les primo-accédants.
- La loi Climat-Résilience, qui frappera dès janvier 2025 les logements classés G d’« indécence », pourrait retirer 1,5 million de biens du marché locatif d’ici 2028. Un choc pour un secteur déjà en tension.
- Les taux d’intérêt, en baisse, commencent à restaurer la capacité d’emprunt des ménages. Loïc Cantin anticipe même des taux sous 3 % d’ici fin 2025, une bonne nouvelle pour les acheteurs.
Mais les défis restent nombreux. Le dispositif Pinel s’éteindra au 31 décembre 2024, laissant les investisseurs locatifs dans l’incertitude. Loïc Cantin plaide pour des mécanismes de défiscalisation sur le long terme afin d’encourager l’investissement, mais aussi pour des solutions modernes comme la portabilité des crédits (conserver son taux avantageux en cas de déménagement) ou leur transférabilité à un tiers.
Selon lui, il est urgent de repenser l’accompagnement des ménages et d’insuffler un vrai courage politique pour moderniser le secteur.
🔗 À lire : L’interview de Loïc CANTIN
Conclusion : un marché en attente
Entre des taux d’intérêt en baisse et des prix qui s’ajustent, le marché immobilier se cherche. La faute à l’incertitude politique qui freine les décisions et alimente les inquiétudes. La demande est là, des solutions existent, reste à les activer.
L’avenir dépendra des choix faits dans les prochains mois, et du courage à accompagner les ménages dans cette phase de transition.
