Un an après l’agrément de l’association professionnelle COURTENSIA, nous avons rencontré son directeur général, Géraud CAMBOURNAC, et son nouveau président, Pascal CHALOT. Interview croisée pour les lecteurs de Made in Courtage !
MIC – Géraud, cela va faire bientôt un an que COURTENSIA a reçu l’agrément de l’ACPR. Quel bilan tires-tu de cette première année ?
Géraud CAMBOURNAC – Force est de constater que nous avons été handicapés par un agrément tardif de l’ACPR, le 8 décembre 2023. De nombreux intermédiaires avaient déjà renouvelé leur adhésion dans une autre association. Cela ne nous a pas empêché de connaitre un essor rapide au cours des 2 premiers mois de 2024, puis une montée en puissance depuis. Par notre volonté affichée de consacrer autant d’énergie à accompagner qu’à vérifier nos adhérents, nous prouvons au quotidien qu’une association peut servir à quelque chose.
Allez, je me permets Géraud, nous nous connaissons depuis longtemps, non ? En quoi COURTENSIA diffère-t-elle des autres associations ?
Géraud – Partager, Accompagner, Sécuriser ! Courtensia s’implique non seulement pour délivrer de l’information règlementaire envers ses adhérents, mais également pour partager nos valeurs et expériences dans le but de sécuriser l’activité de nos membres. Par exemple, afin d’éviter des procédures judiciaires, nous attirons l’attention sur la nécessité de veiller à ce que les mentions légales soient conformes, en vitrine ou sur les sites internet, sur les documents remis aux clients ou sur le devoir de conseil. Enfin, nous répondons au téléphone et aux courriels, ce qui surprend parfois en bien nos interlocuteurs.
Pascal, tu viens de prendre la présidence de COURTENSIA : tu succèdes ainsi à Vincent SAADA. Quelles seront les priorités de ton mandat ?
Pascal CHALOT – Je tiens tout d’abord à remercier Géraud pour m’avoir donné l’opportunité de participer à la création de Courtensia, aux côtés de membres fondateurs qui sont des piliers des métiers du financement et de l’assurance. Je remercie également ces membres pour leur confiance en m’attribuant la présidence de Courtensia.
Pour répondre à ta question, revenons rapidement au point de départ : la création de Courtensia repose sur un constat clair. La plupart des IOBSP et IAS considèrent que les associations agréées par l’ACPR remplissent leur rôle de contrôle, mais peinent à apporter une réelle valeur ajoutée au quotidien. Courtensia a été conçu pour changer cela.
Ma priorité sera donc de renforcer notre notoriété et de faire savoir que Courtensia propose non seulement un service parmi les plus performants du marché, mais aussi au tarif le plus compétitif. La communication sera notre levier principal pour démontrer concrètement ce que Courtensia peut apporter à ses membres.
« La communication ouvre des portes que la force seule ne peut franchir. »
Nous sommes en pleine période de renouvellement pour 2025. Quels dispositifs avez-vous mis en place pour « simplifier » les démarches ?
Pascal – Pour simplifier les démarches et améliorer les échanges avec nos membres, Géraud a impulsé la création d’une plateforme innovante, conçue pour répondre aux besoins actuels. Moderne, intuitive et efficace, cette nouvelle solution a été pensée pour rendre chaque étape plus simple, plus rapide, et centraliser toutes les informations essentielles en un seul endroit.
Déployée le 20 novembre, juste à temps pour la campagne de renouvellement 2025, cette plateforme marque un véritable tournant dans notre accompagnement. Elle offre à nos membres une expérience fluide et performante, parfaitement adaptée à leurs attentes.
Le marché du crédit semble reprendre depuis quelques mois. Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs pour préparer 2025 ?
Pascal – Le marché du crédit reprend des couleurs, et 2025 s’annonce comme une année clé pour les courtiers en crédit immobilier, regroupement de crédits et crédit à la consommation. Pour vous démarquer et accompagner vos clients efficacement, voici quelques conseils essentiels :
- Restez connectés aux tendances du marché : Suivez de près l’évolution des taux d’intérêt et les décisions des banques pour anticiper les opportunités et guider vos clients avec précision.
- Renforcez vos partenariats bancaires : Proposez des solutions compétitives en vous appuyant sur des relations solides avec divers établissements financiers.
- Mettez à jour vos connaissances : Tenez-vous informés des nouvelles réglementations, comme les évolutions du prêt à taux zéro ou d’autres dispositifs, pour offrir un conseil toujours pertinent.
- Adoptez des outils numériques performants : Investissez dans des plateformes modernes et intuitives pour gérer vos dossiers plus efficacement et améliorer l’expérience client.
2025 est une opportunité à saisir : soyez proactifs, innovants, et prêts à répondre aux attentes croissantes de vos clients.
Géraud – Surveillez votre trésorerie ! Certes, il n’y a pas d’enrichissement sans investissement, mais il faut s’assurer que la trésorerie suivra. Donc attention aux dépenses de fonctionnement.
Diversification : formez vous sur de nouveaux produits comme le pro ou l’assurance
Enfin, dotez vous d’un outil informatique performant, logiciel de gestions des clients, qui vous permettra de passer moins de temps au bureau et plus à l’extérieur, avec vos clients et apporteurs.
Pardon Géraud, mais COURTENSIA est souvent présentée comme une association à destination des IOBSP. Que proposes-tu à destination des intermédiaires en assurance (MIA ou COA) ?
Géraud – Ce constat erroné est réalisé :
- sur la base de ma propre expérience, avec près de 20 ans de courtage en crédit et accessoirement en assurance, à mon compte ;
- sur le fait que, nommé par le ministre en 2014, je représentais à l’origine plus les IOBSP à la commission d’immatriculation de l’ORIAS.
Courtensia a vu le jour par la volonté de près de 30 professionnels issus du crédit et de l’assurance. Certes nous n’avons pas (encore) les plus importants courtiers d’assurance chez nous mais des centaines de nos adhérents n’exercent que l’activité d’assurance et nous leur apportons notre expertise, appuyée par celle de maître Laurent Denis. Plusieurs webinaires ont été consacrés à l’assurance. Cette double expertise a d’ailleurs été validée par l’ACPR !
Va-t-on vers une convergence des deux métiers ?
Géraud – A sens unique, oui ! Pour des raisons économiques et de bon sens, un IOBSP doit être en capacité d’aborder la question de l’assurance lorsqu’il commercialise un prêt, immobilier ou autre.
Un courtier, un mandataire d’intermédiaire en assurance ou un agent se concentre sur son métier et la palette des produits à sa disposition suffit. Constatez le nombre de contrats d’assurances obligatoires. C’est impressionnant : auto, habitations, RC Professionnelle, santé, épargne, prévoyance… Rien à voir avec le crédit qui ne touche qu’une partie restreinte de la population et d’une manière plus ponctuelle, surtout avec le développement des LOA et LLD au détriment du prêt à la consommation
Pascal, Géraud : la diversification est-elle LA clé pour réussir ?
Géraud – C’est indéniable et fortement conseillé ! Les pistes sont multiples et trop souvent les intermédiaires s’autocensurent sur leurs capacités à se diversifier. Vous détenez les comptes bancaires de vos clients : ceux-ci regorgent d’informations utiles pour dénicher des pistes de commercialisation de produits, notamment en assurance. Pensez aussi au financement professionnel ou conso ; et évidemment au regroupement de crédits ou au viager hypothécaire.
Pascal – Côté Courtensia, avant de penser à la diversification, notre priorité absolue est d’apporter à nos membres actuels des services à la fois pertinents, performants et parfaitement adaptés à leurs besoins. Il s’agit de consolider nos fondamentaux en offrant une réelle valeur ajoutée, basée sur l’excellence et la compétence.
La réussite passe d’abord par la satisfaction et la fidélisation de nos membres actuels. C’est en renforçant notre positionnement et en devenant un acteur incontournable dans nos métiers que nous pourrons ensuite envisager d’élargir Courtensia à d’autres domaines.
La diversification ne peut être efficace que si elle repose sur une base solide. Nous devons exceller là où nous sommes aujourd’hui avant d’élargir notre périmètre. L’objectif est clair : bâtir sur des fondations solides pour garantir un développement durable et maîtrisé.

