Logement : un budget sans poutre ni pignon
Le gouvernement a dévoilé son projet de loi de budget pour le logement, marqué par une volonté de préserver l’essentiel malgré un contexte économique difficile. Les aides personnelles au logement, représentant près de la moitié du budget avec 17 milliards d’euros, sont maintenues et légèrement augmentées de près de 400 millions d’euros pour suivre l’inflation.
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) sera étendu à l’ensemble du territoire, sans augmentation de l’enveloppe budgétaire, suggérant un redéploiement des crédits existants et une anticipation de la baisse des taux du marché. Cependant, l’inclusion de la maison individuelle dans le PTZ n’est pas prévue de manière évidente.
Concernant l’investissement locatif privé, aucun dispositif ne succède au Pinel. Au contraire, une réduction de l’attractivité fiscale des locations meublées de courte durée, type Airbnb, est prévue, rapportant 200 millions d’euros à l’État.
Le budget pour la rénovation énergétique des logements, via MaPrimeRénov, est réduit de 500 millions d’euros pour atteindre 2,5 milliards. Le maintien de la prime pour les travaux monogestes pourrait encourager davantage de ménages à solliciter l’ANAH ? Nous le verrons dans les prochains mois.
Pas de nouvelle imposition sur le Logement
Aucune nouvelle imposition sur le logement n’est prévue. Toutefois, la réduction de 5 milliards d’euros des dotations aux collectivités locales risque d’entraîner une hausse des taxes locales. Notamment la taxe foncière, affectant indirectement les ménages.
La demande des organismes HLM de supprimer la réduction de loyer de solidarité n’a pas été satisfaite, celle-ci étant simplement maintenue au même niveau. Le gouvernement mise sur une modification des règles d’attribution des logements sociaux pour optimiser le parc existant.
Le projet de budget reflète les contraintes budgétaires actuelles, avec une recherche d’économies de 60 milliards d’euros, dont 25 milliards via une augmentation de la fiscalité sur les revenus. Le Parlement disposera de marges pour amender le projet. Ce qui pourrait apporter des ajustements, notamment sur le PTZ et les dispositifs d’investissement locatif.
Pour l’heure, le volet Logement du projet de loi de finances ressemble à l’une des maisons de Cadet Roussel. “Ni poutre, ni pignon”, en attendant les débats parlementaires.
