RC PROFESSIONNELLE Charlotte LAMIDON OCEAN BRIDGES

Dans un marché de l’assurance en constante évolution, certains acteurs se distinguent par leur capacité à innover et à anticiper les besoins des professionnels. C’est le cas d’Ocean Bridges, société créée par Charlotte Lamidon, spécialiste de l’assurance de responsabilité civile professionnelle et des risques RC des dirigeants, Fraude, CYBER.
Avec une approche résolument tournée vers l’agilité, la digitalisation et la proximité avec ses partenaires courtiers, Ocean Bridges s’impose comme un acteur dynamique et visionnaire.

Nous avons rencontré Charlotte pour parler de son parcours, de l’ADN d’Ocean Bridges et de sa vision du marché.

Interview réalisée le 22 octobre

Charlotte, avant de parler d’Ocean Bridges, revenons un peu en arrière. Quel est ton parcours et qu’est-ce qui t’a conduite vers l’assurance RC Professionnelle ?

Ce sont mes compétences juridiques et linguistiques qui m’ont amenée vers ce domaine. En 1997, j’ai rejoint une agence de souscription, Sturge, dirigée par Marie Pascal-Krieg. Elle cherchait quelqu’un pour développer un département RC — et il fallait être anglophone, car nos interlocuteurs étaient anglais.
J’avais travaillé aux États-Unis, donc cette double compétence collait parfaitement. Je ne connaissais pas vraiment l’assurance à ce moment-là, mais je me suis retrouvée plongée dans ce nouveau monde que j’ai immédiatement adoré.

On a créé ce qui est devenu le premier Pack RC Pro, une vraie alternative à l’époque, puisqu’il n’y avait que deux acteurs sur le marché :  PFA et CGPA. Nous avons monté un partenariat avec April, et ça a tout de suite été un succès.
On souscrivait jour et nuit, ceci a constitué les débuts d’une aventure incroyable ! Ce portefeuille a ensuite été racheté par QBE. De mon côté, j’ai poursuivi ma route chez AFU AMLIN où j’ai monté un autre département RC Professionnelle, puis chez Beazley où j’ai lancé le bureau parisien et ai développé les 1ères offre RC Françaises.
Ces trois expériences, ont toutes les trois été concentrées sur le secteur de l’intermédiation financière.

Et puis il y a eu la découverte du Lloyd’s, un univers à part. Le Lloyd’s est le deuxième marché mondial de l’assurance. Le Lloyd’s est constitué de “Syndicats” qui sont en fait les porteurs de risque agissant au sein d’un même marché. Il s’agit d’une approche unique.
Leur culture de la prise de risque est fascinante, leur innovation également. C’est un monde à part… et quand on y entre, on ne peut plus en sortir !

L’infrastructure informatique, un enjeu capital

Créer son entreprise est toujours un défi. Quels obstacles as-tu rencontrés au lancement d’Ocean Bridges, et comment les as-tu surmontés ?

Le premier gros défi, c’est l’infrastructure informatique. Aujourd’hui, si un courtier entend travailler en délégation, il doit être capable de générer du volume, de garantir la conformité et la sécurité des données.
C’est un investissement considérable, avec des coûts d’entrée élevés. Et quand on agit pour compte, on doit respecter le même niveau d’exigence qu’une compagnie d’assurance — ce n’est pas simple pour un nouvel acteur.

L’autre difficulté, c’est l’accès au marché : les compagnies n’ouvrent plus de codes aux courtiers.

Beaucoup se retrouvent contraints de passer par des grossistes, diffusant souvent des produits très standardisés, souvent éloignés des besoins réels des clients.

Ceci offre à Ocean Bridges une magnifique opportunité de différenciation. Toutefois nous sommes nous-mêmes parfois confrontés aux restrictions des compagnies malgré nos outils et notre volonté de construire des produits innovants et adaptés au besoin de la clientèle et permettant la qualité technique que les compagnies attendent afin de garantir la pérennité des risques.

Ces deux points sont un vrai frein à l’accès à la profession, et constituent même un risque pour le marché à mon sens. L’hypersimplification des process de souscription liés au digital chez certains acteurs et la course à la conformité font parfois oublier l’essentiel : le risque lui-même.

Expertise métier

Si tu devais décrire en quelques mots l’ADN d’Ocean Bridges, qu’est-ce qui vous distingue ?

Ce qui nous définit, c’est l’expertise métier.
Notre objectif, c’est d’offrir de la sécurité au courtier et à son client, tout en connaissant réellement le risque que l’on assure.

Chaque souscription est tracée, signée à la fois par le courtier et par le client. C’est une vraie sécurité juridique.
Notre plateforme vérifie automatiquement tous les critères KYC, LAB-FT, GDA… tout est bordé.

Mais au-delà du digital, il y a surtout la connaissance du métier. On veut remettre de l’humain, du bon sens, de la technique dans la relation avec nos partenaires et clients.
Le digital, c’est un outil — pas une fin en soi. On veut revenir aux fondamentaux : comprendre, accompagner, sécuriser.

Ocean Bridges, coverholder du Lloyd’s

Vous êtes coverholder du Lloyd’s, ce qui n’est pas courant. Peux-tu expliquer concrètement ce que cela apporte à vos partenaires et à vos clients ?

Être coverholder du Lloyd’s, c’est un vrai gage de crédibilité et de confiance. Il faut compter environ six mois d’agréments, et en France, seuls 43 courtiers ont ce statut.

Le Lloyd’s, c’est un marché unique, composé de syndicats qui prennent ou partagent des risques. Il y a une double sécurité : celle du syndicat et celle de la place.
Leur approche est très différente : ils ne vendent pas en direct, mais s’appuient sur des représentants locaux, les coverholders (il y en a une centaine environ), et sur des Lloyd’s brokers qui placent les risques auprès des syndicats.

Ce que j’aime, c’est leur culture du commerce : avant de dire non, ils regardent. Ils écoutent, analysent, et construisent avec toi.
C’est une mentalité beaucoup plus ouverte, plus réactive, et surtout, centrée sur la compréhension du risque.

La RC Professionnelle des intermédiaires financiers, produit phare de la gamme

Vos produits sont régulièrement cités pour leur côté innovant. Quelles sont les dernières solutions que vous avez lancées ?

Le produit phare reste la RC Professionnelle pour les intermédiaires financiers.
On a développé un tarificateur capable de s’adapter à la réalité de chaque activité — IAS, IOBSP, CIF, etc. — et de couvrir plusieurs statuts dans n’importe quel ordre (principal ou secondaire). Hors CIF en principale activité.

Les mandataires ont désormais leur propre parcours de souscription, avec leurs attestations, pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires.
On a aussi lancé un produit pour les agents commerciaux immobiliers, sur un parcours très simple, et une gamme dédiée aux professions de l’immobilier : conciergerie, home staging, coaching.

Et la prochaine sortie, imminente, c’est la RC et la garantie financière pour les agents immobiliers. D’autres projets sont déjà en préparation pour fin 2025 et 2026.

Comment décidez-vous des secteurs sur lesquels développer une offre ?

Parfois, ce sont les courtiers eux-mêmes qui nous sollicitent sur des besoins récurrents mal couverts.
D’autres fois, c’est notre connaissance du marché qui nous fait repérer des carences — comme sur le cyber ou certains risques émergents.

Mais il faut que le potentiel économique soit là. On ne crée pas un contrat pour une cible de deux clients.
Et puis on aime bien changer de prisme : parfois, on part du risque ou du sinistre pour réfléchir à un nouveau modèle. C’est une approche un peu “à l’envers”, mais souvent très porteuse.

Le contact humain reste essentiel

La rapidité de souscription et la digitalisation semblent être au cœur de vos solutions. Pourquoi est-ce si important aujourd’hui pour vos partenaires ?

Parce que les courtiers ont besoin de simplicité, mais pas au détriment de la précision.
On voit aujourd’hui une hypersimplification du digital : des parcours trop rapides, sans véritable qualification du risque.

Ocean Bridges, propose un parcours de souscription rapide (cinq minutes pour une souscription standard), mais entend rester exigeant sur la connaissance client.
On préfère poser les bonnes questions, garantir une couverture juste et sécurisée, plutôt que de tomber dans le “tout clic”.

Et puis, même si on digitalise beaucoup, le contact humain reste essentiel.
Les courtiers aiment échanger, comprendre, poser des questions — et c’est très bien ainsi.

Si on prend un peu de hauteur : comment vois-tu l’évolution du marché de la RC Professionnelle ?

On sort d’une longue période baissière : les primes ont atteint un niveau plancher.
Et paradoxalement, le nombre d’acteurs diminue, notamment côté compagnies. Les capacités se restreignent.
Sur certains gros risques, même en sollicitant tout le marché, on n’arrive plus à placer toutes les lignes.

C’est un marché en tension, avec des équilibres à retrouver. Je pense qu’on va revenir vers une logique de qualité, de spécialisation et de valeur ajoutée.

Bientôt de nouveaux produits !

Et pour Ocean Bridges, quelles sont les prochaines étapes ?

Continuer à faire connaître nos offres, bien sûr, mais surtout structurer notre réseau de distribution.
L’objectif, c’est de travailler avec environ 200 courtiers partenaires actifs, répartis sur le territoire, avec qui on partage le même ADN : expertise, exigence, et confiance.

On préfère des relations solides et humaines à une croissance démesurée.
Notre modèle, c’est la proximité et la construction commune de projets.

Enfin, si tu devais résumer la promesse d’Ocean Bridges en une phrase ?

Offrir aux courtiers et à leurs clients une couverture de qualité, sécurisée, conforme, et adaptée à leurs besoins réels.
Toujours avec un objectif clair : protéger au mieux, avec justesse et exigence.


A propos de Charlotte Lamidon

Fondatrice d’Ocean Bridges, ancienne dirigeante de Hyalin pendant plus de dix ans, Charlotte Lamidon évolue depuis plus de 25 ans dans le secteur de l’assurance. Spécialiste reconnue de la responsabilité civile professionnelle, elle a fait le choix de créer Ocean Bridges pour proposer aux courtiers et à leurs clients des solutions sur mesure, innovantes et accessibles.

Son credo : allier expertise technique et souplesse opérationnelle, afin d’apporter une vraie valeur ajoutée aux professionnels qu’elle accompagne.

En savoir plus sur Made in Courtage

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture