Bilan du CCSF sur le marché de l’assurance emprunteur : l’analyse de Nicolas KORAN, directeur commercial d’Assurea

Bonjour Nicolas, tu es directeur commercial d’Assurea, un acteur majeur sur le marché de la délégation d’assurance emprunteur. Le CCSF a publié tout récemment un nouveau bilan sur le marché de l’assurance emprunteur, après 2 premières éditions en 2012 et 2016. Peux-tu présenter à nos lecteurs les principaux enseignements tirés de ce bilan ?

Nicolas KORAN – Notre avis est que le bilan est incomplet, insuffisamment documenté et ne correspond pas à ce que nous observons sur le marché, à la fois dans  nos chiffres et en échangeant avec nos confrères. Les assurés font notamment remonter très fréquemment le manque de diligence des banques quant au respect du délai des 10 jours ouvrés pour répondre à une demande de substitution.

Selon le CCSF, la concurrence serait donc « en marche, au bénéfice du consommateur » : pourtant, les chiffres ne semblent pas évoluer si on en croit la FFA (Fédération Française de l’Assurance) ?

Globalement, le consommateur a plus de choix qu’avant et peut, s’il est motivé et bien accompagné (par exemple par un courtier), faire de belles économies sur son assurance de prêt. Mais les banques tentent de protéger leur relation avec leur client, et revoient leurs offres et leurs techniques de défense régulièrement ce qui nous oblige à nous adapter rapidement.

Nous constatons que, globalement, les différentes lois et amendements qui se sont succédés ces dernières années n’ont pas fondamentalement fait évoluer les taux de délégation des contrats individuels, pourtant moins chers pour une majorité de Français ; c’est dommage pour le pouvoir d’achat des Français… qui auraient bien besoin d’en profiter plus largement, surtout en ce moment.

Une amélioration des niveaux de garanties

Le CCSF constate une baisse des tarifs « tout en conservant une excellente couverture des garanties » : voilà en revanche une vraie bonne nouvelle pour les consommateurs !

Oui globalement le niveau des garanties n’a jamais été aussi élevé (rachat des MNO, réduction des exclusions, droit à l’oubli, amélioration de la qualité de l’information fournie) alors que les prix ont globalement baissé en moyenne ces dernières années. Nous constatons avec nos gestionnaires un faible taux de refus et une bonne satisfaction client quant au traitement des sinistres. Si on compare le marché Français aux autres marchés Européens, on peut être fier de l’équilibre entre le tarif et le niveau de couverture que l’on a en France.

La Commission mixte paritaire a finalement renoncé à la résiliation infra-annuelle de l’assurance. Cet abandon est-il selon toi définitif ?

Nous ne pensons pas que ce débat soit définitivement clos. Si on veut rester positif, il a conduit (déjà) à 2 mesures de simplification qui vont dans le bon sens (celui du consommateur) :

1) l’obligation de préciser les documents manquants en cas de refus notifié par la banque.
2) l’obligation pour le prêteur de communiquer à l’emprunteur, sur un support papier ou sur tout autre support durable, la date de signature de l’offre de prêt, dès la réception de cette offre signée et de la mentionner sur toute documentation mise à la disposition de l’emprunteur.

De nombreuses évolutions du côté des compagnies et courtiers grossistes

Les compagnies d’assurance et les courtiers grossistes ont engagé d’énormes chantiers pour faciliter la souscription de nouveaux contrats, qu’il s’agisse d’un nouveau prêt ou de faire jouer une substitution. Quelles ont été les évolutions les plus marquantes de l’année 2020 ?

La souscription et la gestion des avenants et des sinistres sous une forme dématérialisée est évidemment une grande avancée, qui poursuit son cours. Cela bénéficie au client final qui va plus vite et y voit plus clair mais cela permet aussi de générer des économies de coûts de gestion qui se retrouvent in fine dans la baisse globale des tarifs de l’assurance emprunteur.

Côté substitution, les gestionnaires et les courtiers font preuve d’imagination et de sens du service client en organisant, comme c’est le cas dans notre process par exemple, l’envoi de recommandés à la place du client et en accompagnant le client jusqu’au bout de sa démarche. Les assureurs ont également réduit les exigences en matière de sélection médicale pour faciliter la transition d’un contrat groupe vers un contrat individuel, dans le cas où le client a intérêt à « switcher ». Ainsi, selon la désormais célèbre règle des 3 « 5 », il est possible d’éviter la sélection médicale pour un client de moins de 50 ans, qui a un capital restant dû inférieur à 500,000€ et un crédit souscrit il y a moins de 5 ans.

Quelques mots sur l’actualité d’Assurea ?

Nous réalisons une année plus qu’honorable dans un contexte inédit de forte intensité concurrentielle et de crises sanitaires successives. Nous continuons d’investir et de recruter. Nous avons désormais, et ce depuis juillet, un volume d’affaires supérieur à 2019, signe que les emprunteurs sont toujours au rendez-vous, que nos solutions et services séduisent de plus en plus de courtiers et que l’immobilier a toujours la cote !

Merci beaucoup Nicolas, à bientôt !

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