La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) est un enjeu majeur pour les États.

Le contexte

Rappelons en effet que les activités criminelles et terroristes qui sont évaluées par le FMI entre 2% et 5% du PIB mondial (soit entre 590 et 1 500 milliards de dollars – fourchette large, mais difficile à affiner du fait du caractère souterrain de ces délits et crimes) menacent notamment la stabilité financière des marchés, créent des distorsions de concurrence et permettent en outre, d’alimenter la délinquance pénale.

La mondialisation et l’anonymisation des échanges sur internet favorisent le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Pour tenter de contrer ce phénomène et ses criminels, dont les moyens et actions sont toujours plus « malins », les États ont créé un arsenal juridique visant à la fois à permettre une meilleure détection des actes de BC-FT et à les réprimer plus efficacement.

Le système de la LCB-FT ainsi construit, repose sur la nécessaire coopération entre les États d’une part (d’où notamment les Directives en la matière) et avec les acteurs financiers (banques, assureurs, intermédiaires) et certaines entreprises non financières assujetties (immobilier, notaires, experts-comptables etc.) d’autre part.

La non-participation de ces acteurs privés est à la fois contrôlée et sanctionnée administrativement par l’ACPR pour le secteur financier, comme pour tous, pénalement par les juges.

Les intermédiaires en assurances et/ou en opérations de banque sont soumis à trois types d’obligations :

1. Mettre en place une organisation favorisant la détection et la transmission des opérations douteuses auprès de TRACFIN,

2. Avoir une vigilance constante adaptée en fonction des clients, de leurs opérations, des canaux de distribution, et du type de produits,

3. Déclarer un éventuel soupçon auprès de TRACFIN qui se chargera d’une éventuelle enquête et d’une possible transmission de leurs conclusions aux juridictions compétentes.

Les obligations organisationnelles

L’obligation de vigilance

Quand ?

Dès le début de la relation d’affaires : avant donc qu’un éventuel contrat soit souscrit et pendant toute la durée de la relation.

Qui ?

Les professionnels assujettis, qu’ils soient seulement intermédiaires (COA, IOBSP), ou aussi parties au contrat (Banques, Assurances etc.).

Quoi ? Comment ?

Il existe 3 niveaux de vigilance à adopter impérativement soit en fonction des textes réglementaires qui attribuent tel niveau de vigilance à telle catégorie de personnes (Personnes politiquement exposées) ou d’opérations et en fonction d’une classification des risques effectuée par l’intermédiaire selon sa propre organisation.

La vigilance allégée, à adopter dans des cas limitativement énoncés par le législateur, impliquant seulement une obligation de vérifier l’identité de la personne,

La vigilance standard, normale, obligeant l’intermédiaire à vérifier, à actualiser et à garder matériellement la preuve de la vérification notamment de l’identité du souscripteur et du bénéficiaire effectif du contrat mais aussi ses pouvoirs de souscription (à l’aide des statuts s’il s’agit d’une personne morale ou de l’acte de tutelle par exemple), sa situation familiale, professionnelle et financière. Ceci afin de pouvoir veiller à la cohérence d’ensemble de la relation d’affaires.

La vigilance renforcée pour certaines personnes (Personnes politiquement exposées ou personnes ayant déjà fait l’objet d’un doute de BC-FT) ou certaines opérations définies par le législateur, impliquant cette fois une organisation matérielle pour détecter les cas où la vigilance renforcée s’impose impérativement d’une part et pour appliquer les process et les méthodes imposées par l’ACPR d’autre part (Cf lignes directrices de l’ACPR).

Le soupçon et la déclaration auprès de TRACFIN

Pour avoir un éventuel soupçon d’un acte de BC-FT, il convient avant tout de se sensibiliser et de connaître les méthodes employées par les criminels et de les concrétiser avec des exemples ; raison pour laquelle une formation LCB-FT en plus d’être imposée annuellement pour tous les courtiers dont le CA annuel est supérieur à 500 000 euros, est nécessaire.

PERITUS FORMATION peut vous proposer un parcours adapté au secteur bancaire et assurantiel en Elearning au tarif de 69 euros par utilisateur. Pour en savoir plus sur le programme et les conditions de prise en charge par votre OPCA : floriane.debord@peritusformation.com

Tous les soupçons ne doivent pas être déclarés.

Il faut en amont que l’intermédiaire effectue ses propres démarches personnelles (recherches) et auprès de son client (en lui demandant plus de précisions et de preuves concernant l’origine ou la destination des fonds, sans l’avertir évidemment de l’objet réel de votre demande) pour confirmer ou infirmer son soupçon. Ces éléments seront conservés et vous permettra soit de :

– Garder dans le dossier client les preuves de votre investigation justifiant une levée de soupçon,

– Documenter le soupçon à effectuer auprès de TRACFIN. Une procédure dématérialisée en ligne existe pour cela. https://www.economie.gouv.fr/tracfin/que-faut-il-declarer

Il est à noter que le professionnel ne peut alléguer aucun secret professionnel auprès de TRACFIN mais doit par contre garder le secret sur tout éventuel soupçon, confirmé ou non.

Pour tester vos connaissances sur la LCB-FT, PERITUS FORMATION vous propose un quizz gratuit disponible en créant un compte gratuitement via ce lien : https://app.klaxoon.com/join/QNQWVP

Durée : 10 minutes environ.

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